Les voyages en poésie

 

“Je connais des bateaux” de Mannick et “Que serais-je sans toi” de Louis Aragon sont deux textes qui faisaient partie de notre messe de mariage. Ils nous tiennent à coeur et sont toujours d’actualité !

“Je connais des bateaux”

écouter

Je connais des bateaux qui restent dans le port

De peur que les courants les entraînent trop fort

Je connais des bateaux qui rouillent dans le port

A ne jamais risquer une voile au dehors

Je connais des bateaux qui oublient de partir

Ils ont peur de la mer à force de vieillir

Et les vagues jamais , ne les ont séparés

Leur voyage est fini avant de commencer

Je connais des bateaux tellement enchaînés

Qu’ils en ont désappris comment se regarder

Je connais des bateaux qui restent à clapoter

Pour être vraiment sûr de ne pas se quitter

Je connais des bateaux qui s’en vont deux par deux

Affronter le gros temps quand l’orage est sur eux

Je connais des bateaux qui  s’égratignent un peu

Sur les routes océanes où les mènent leurs jeux

Je connais des bateaux qui n’ont jamais fini

De s’épouser encore chaque jour de leur vie

Et qui ne craignent pas parfois de s’éloigner

L’un de l’autre un moment pour mieux se retrouver

Je connais des bateaux qui reviennent au port

Labourés de partout mais plus graves et plus forts

Je connais des bateaux étrangement pareils

Quand ils ont partagés des années de soleil

Je connais des bateaux qui reviennent d’amour

Quand ils ont navigué jusqu’à leur dernier jour

Sans jamais replier leurs ailes de géants

Parce qu’ils ont le cœur à taille d’océan…

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Que serais-je sans toi

chanté par Jean Ferrat : écouter

Que seras-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadrant de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement

J’ai tout appris de toi sur les choses humaines

Et j’ai vu désormais le monde à ta façon

J’ai tout appris de toi comme on boit aux fontaines

Comme on lit dans le ciel les étoiles lointaines

Comme au passant qui chante on reprend sa chanson

J’ai tout appris de toi jusqu’au sens du frisson

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadrant de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement

J’ai tout appris de toi pour ce qui me concerne

Qu’il fait jour à midi qu’un ciel peut être bleu

Que le bonheur n’est pas un quinquet de taverne

Tu m’as pris par la main dans cet enfer moderne

Où l’homme ne sait plus ce qu’est qu’être deux

Tu m’as pris par la main comme un amant heureux

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadrant de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement

Qui parle de bonheur a souvent les yeux tristes

N’est-ce pas un sanglot de la déconvenue

Une cordée brisée aux doigts du guitariste

Et pourtant je vous dis que le bonheur existe

Ailleurs que dans le rêve ailleurs que dans les nues

Terre terre voici ses rades inconnues

Que serais-je sans toi qui vins à ma rencontre

Que serais-je sans toi qu’un cœur au bois dormant

Que cette heure arrêtée au cadrant de la montre

Que serais-je sans toi que ce balbutiement

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