Dec 072010
 

Les peuples indiens de Terre de Feu
Ils ont été rencontrés en 1520 par Magellan et son expédition autour du Monde. Ce fut leurs premiers contacts avec des européens.
Ils se répartissent en quatre peuples cousins :
– les Onas vivaient au centre et au nord de l’île
– les Yamanás vivaient sur les côtes des canaux et des îles du sud et du sud-ouest
– les Alacalufs étaient dans l’ouest de l’île
– les Haushs étaient présents dans le sud-est

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Ces groupes étaients des chasseurs-cueilleurs. Les Onas et les Haushs subsistaient essentiellement grâce à la chasse au guanaco dont ils portaient les peaux. Les Yamanás et les Alacalufs, appelés de façon collective “peuples des canoës” vivaient de poissons, de crustacés et de mammifères marins. Les Yamanás consommaient le “pain indien”, un champignon qui pousse sur le ñire, espèce de hêtre austral.

Malgré un temps rarement clément, ils ne portaient que peu de vêtements. En vivant dans ce milieu humide et en contact avec l’eau, les vêtements ne sêchaient pas et ne leur permettaient pas d’avoir chaud. Ils ont trouvé la solution de s’enduire le corps avec de la graisse animale de guanaco ou de phoque, ce qui leur permettait d’affronter le froid et l’humidité de leur région. Des feux constamment entretenus les réchauffaient. Les Européens surnommèrent la région “Terre de Feu” à cause des feux de camp des Yamanas qu’ils apercevaient sur le rivage.


Les Shelk’nam, appelés Onas
Les Onas vivaient dans le centre et le nord de l’île de la Terre de Feu. C’était un peuple qui maîtrisait le feu et qui vivait de la chasse et de la cueillette. La chasse était menée à pied par les hommes, en utilisant l’arc et les flèches, avec l’aide de chiens domestiqués. Le gibier principal était le guanaco dont les nombreux troupeaux couvraient l’île. Parfois, une baleine s’échouait sur la côte et elle procurait de la nourriture pour de nombreux jours.

Xavier 122Xavier 124 guanaco

L’organisation sociale était égalitaire. Les Onas n’avaient pas de chef.
Comme pour beaucoup de peuples anciens, le respect de chaque être vivant, femme, homme, enfant, oiseau, animal, poisson et chaque élément naturel, pluie, vent, soleil, lune, mer, côte, baie, montagne, colline, forêt, fleur, … avaient été eux-mêmes des êtres humains, dans les temps anciens appelés “les temps des ancêtres”.
Dans “les temps des ancêtres”, les humains n’avaient pas besoin de chasser ni de tuer des animaux pour se nourrir et ils disposaient de nombreux animaux en abondance.

Les Yamanás
Les Yamanás vivaient dans le sud et de le sud-ouest de la Terre de Feu, le long des côtes, des canaux et des îles allant jusqu’au Cap Horn. C’était un peuple qui maîtrisait le feu, qui vivait principalement de la pêche et des fruits de mer, ainsi que de la chasse et de la cueillette.

peuples indiens 1

 

peuples indiens 2

Ils utilisaient de grands canoës, fabriqués par les hommes et manoeuvrés par les femmes, pour leurs déplacements fréquents, ainsi que pour la pêche et la chasse aux phoques avec leurs harpons.

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A terre, les femmes et les enfants cueillaient des baies, des champignons, des racines et des fruits. Avec leurs arcs et leurs flêches et aidés de leurs chiens, les hommes chassaient les oiseaux et les guanacos.

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Commes chez les Onas, l’organisation sociale était égalitaire. Les Yamanás n’avaient pas de chef. Ils ne supportaient pas de recevoir des ordres et ils n’en donnaient pas. Le rôle des sages, des prophètes et des chamanes était le même que chez leurs voisins Onas.

Histoire
Lorsque Magellan franchit le détroit qui porte aujourd’hui son nom en 1520, ni lui, ni aucun autre explorateur européen ne s’intéressaient vraiment à cette terre ou à ses habitants. A la recherche d’un passage qui les mènerait jusqu’aux îles aux épices d’Asie, les premiers navigateurs craignaient les vents d’ouest, les courants dangereux et les mers violentes qui ralentissaient leur progression. Par conséquent les Onas, les Haushs, les Alacalufs et les Yamanás qui habitaient la région n’eurent pas à défendre tout de suite leurs terres et leurs ressources.

A mesure que les Espagnols perdaient le contrôle de leur empire américain, la zone s’ouvrit à la colonisation avec d’autres Européens, assurant le rapide déclin des peuples de Terre de Feu (les Fuégiens). Les Européens ne parvenaient pas à comprendre ces peuples indiens, notamment Darwin en 1834, qui écrivit que “la différence entre les Fuégiens (“parmi les créatures les plus abjectes et misérables que j’aie jamais vues”) et les Européens était plus grande qu’entre animaux sauvages et domestiques. Darwin affirma également que les indiens de Terre de Feu étaient anthropophages. Mais aucune trace d’anthropophagie n’a été retrouvé.
Cette légende de l’anthropophagie des indiens de Terre de Feu étaient si développée, qu’elle fut à l’origine de l’enlèvement de onze indiens Onas par le français Maître pour les exposer à l’exposition universelle de Paris en 1889, exposition sensée célébrer pourtant le centenaire de la Révolution française et des droits de l’Homme. Ils furent sauvés par un prêtre missionnaire qui identifia leur origine et un grand scandale eut alors lieu devant le traitement qui leur avait été fait. Mais seuls quatre d’entre eux purent revenir vivants en Terre de Feu.
Lors d’un voyage antérieur, le capitaine Robert Fitzroy, du Beagle, avait enlevé quelques Yamanas, qu’il renvoya chez eux après quelques années d’éducation missionnaire en Angleterre.
L’extermination importante des indiens, la venue de maladies telles que la rougeole ou la tuberculose décima rapidement la population. Les différentes estimations du nombre d’indiens de Terre de Feu jusqu’en 1850 se situaient à 3000-4000 Onas et 3000-4000 Yamanas, auxquels s’ajoutaient plus d’un millier d’Alakalufs à l’ouest et autant de Haushs à l’est. Soit un total d’environ 10 000 indiens. Au début du 20ème siècle, il ne restait pas plus de 500 Onas et autant de Yamanas. En 1974, mourut Angela Loij considérée comme la dernière Ona.

Aucune puissance européenne ne ressentit le besoin de s’installer dans la région jusqu’à ce que la Grande-Bretagne occupe les îles Falkland (Malouines) dans les années 1770. Mais les gouvernements qui suivirent en Argentine et au Chili considèrent les choses sous un autre angle. La présence chilienne dans le détroit de Magellan, qui débuta en 1843, ainsi que l’entreprise d’évangélisation croissante de la Grande-Bretagne, poussèrent l’Argentine à entériner son autorité à Ushuaia en 1884.
En 1978, le Chili et l’Argentine faillirent se déclarer la guerre au sujet de trois petites îles du canal Beagle. Les problèmes de frontières internationales ne furent pas résolus avant 1984 et font toujours l’objet de discussions.

 

Références
Les photos des Yamana proviennent du musée Yamana d’Ushuaia.
Le texte “Les peuples indiens de Terre de Feu” de Geneviève Fremaux
Lonely Planet “Chili et Île de Pâques”

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