Sep 192010
 

Samedi 18 septembre, il est 17 heures 36, je sors de 2 heures de cours ! Ouf ! C’est fini ! Je suis devenue enseignante de français depuis quelques semaines et je dois enseigner 2 niveaux : le CM2 et le CM1 soit la 5ème et la 4ème primaire ! Les classes ne sont pas surchargées : deux élèves en CM2 et une élève en CM1. Mais il faut savoir que ces élèves sont de surcroit mes enfants et je peux vous dire que ça ne s’improvise pas d’être l’enseignante de ses enfants …

Je ne me suis jamais sentie l’âme d’un professeur, car cela nécessite beaucoup de patience, de répétitions, on peut constater que les élèves ne comprennent pas toujours la matière et que cela est simplement dû à nos explications confuses …. Bref, ça ne s’improvise pas d’être enseignante …

Je mets cependant beaucoup de bonne volonté à exercer ce nouveau métier et à ma décharge les conditions pour l’exercer ne sont pas toujours requises : une table basse, pas de table pour écrire, deux chaises pour trois, la musique à fond du petit magasin du coin, pas de lumière, Martin qui veut voir un film alors que tous les ordinateurs sont utilisés, un coucher de soleil à admirer, froid de canard, moiteur tropicale !

Mettons l’accent sur le climat : ce n’est vraiment pas évident d’enseigner alors que la température atteind les 35°C et l’humidité les 90%. En fait, nous sommes dans la Selva équatorienne : la forêt amazonienne de l’Equateur. Nous avons trouvé un petit restaurant accueillant dont la patronne Carmen, nous permet d’occuper quelques bancs et de faire classe. Je commence mon cours avec Solène et chouette une poésie qui raffraîchit !

  • Là-haut sur le Mont-Blanc,
  • L’edelweiss y fleurit.
  • J’y vois toute la terre
  • Et la France et Paris.
  • Là-haut sur le Mont-Blanc,
  • L’edelweiss y fleurit.
  • Il fleurit, beau mystère !
  • Pour la France et Paris.

Puis le mot ski et tous les mots de la même famille, puis le verbe skier aux différents temps me rafraichît également et quelques règles de pluriel des noms communs. Le tour est joué, le cours est fini ! Mon collègue de mathématiques n’a pas encore fini le sien. C’est vrai que le programme de Romane et Simon est plus dense et cela prend toujours plus de temps pour faire une “journée de cours”. Nous partons nous baigner dans la rivière Misahualli et quel bonheur de se prélasser dans l’eau et de se laisser aller dans le courant du rio. Les enfants sont heureux de cette pause et je rencontre des équatoriennes qui ont envie de savoir d’où nous venons, si ces quatre enfants sont bien les nôtres. Je redeviens une femme française et la maman de mes enfants. C’est bien agréable de reprendre ces rôles !

Puis retour dans notre restaurant favori pour y déguster de délicieux poissons cuisinés au four dans une feuille de banane accompagnés de patacones (bananes frites) et de yuca fritas (patates douces frites). Il fait toujours aussi chaud, mais il est temps de reprendre les cours.

C’est maintenant au tour de Romane et Simon de devenir mes élèves. Nous commençons par l’étude d’un texte sur l’invasion de criquets pélerins dans les pays du Golfe. L’analyse du texte est vraiment précise et requière toute leur attention. Ce qui n’est pas facile quand des enfants passent avec leurs serpents accrochés à leur cou et que mes élèves meurent d’envie d’aller les toucher ou que des singes grimpent aux balustrades du restaurant. Après ce texte assez long, je leur accorde une petite récréation : la pause est d’ailleurs bien méritée pour tous car la température est vraiment difficile à supporter. Les élèves vont se divertir avec les singes qui ont envahi la place de Misualli. C’est vrai que c’est amusant de voir ces singes s’emparrer d’un paquet de biscuits ou d’une bouteille d’eau (la nôtre) et de l’ouvrir sur … les cahiers. Après la récréation, en fait, il est temps d’arrêter l’école, d’une part parce que les singes essayent de chaparder nos ordinateurs et d’autre part parce qu’il fait vraiment trop chaud. Je terminerai ma “journée de cours” sur les compléments de phrase demain matin tôt.

Voilà, ça ne s’improvise vraiment pas d’exercer le métier d’enseignant !

Depuis Misahualli, en pensée avec tous les enseignants et professeurs du monde entier.

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  9 Responses to “ça ne s’improvise pas d’exercer le métier d’enseignant ….”

  1. En France, c’est la journée du patrimoine. Il y a 1 an, nous parcourions Metz en vélo tous les 2. C’était sympa sauf l’expo de la Porte des Allemands. Te souviens tu?
    Aujourd’hui, tu es enseignante dans une forêt équatorienne avec des singes et des serpents.
    Que seras tu demain ? Avec ces trésors quotidiens, tu reviendras certainement avec des ailes.
    Merci pour ces contes des milles et nuits qui nous enchantent régulièrement.
    Depuis Metz, d’un frère fier de sa soeur comme il n’a jamais été.
    Phil

  2. Déjà rien que pour donner un coup de main lors des devoirs, des fois je deviens dingue… Mais alors là…! Je vous admire 😉 Bravo pour cette nouvelle vocation !
    Merci pour toutes ces petites histoires, qu’on est chaque fois si contents de retrouver !
    Bises à vous 6. Marie

  3. Enfin!! des nouvelles, je désespérais !
    Je vous lis et vous relis, je ne me lasse pas, que d’aventures vous vivez, pendant que nous, ici, le temps coule placidement ; nous passons le plus beau de notre vie sur ce qui est à venir.. On est en total décalage avec vous.
    Comment les enfants vivent-ils cette aventure, principalement Simon ? A mon avis, il est loin le temps des regrets du départ ! Il ne voudra plus rentrer !
    Besos gruesos a vosotros todos se occupas y bien de ustedes !

  4. Oui, comme le dit Philippe, vous allez rentrer riches … riches des expériences vécues tous les 6 et de ces “trésors quotidiens” … Bisous à vous ! 🙂

  5. On partage tout à fait la même expérience… On a les mêmes pb, euh disons, logistique…
    Nous c’est la visite d’un éléphant dans le campement qui a arrêté notre lecon un jour…
    Allez courage…

    Nelly

  6. quelle belle aventure vous êtes entrain de vivre en ce moment nous avons appris cette surprenante nouvelle lorsque tante Isabelle est venue diner chez nous mon prénom ne te rappelle peut-être rien mais celui de pierre-jules certainement tu étais présente lorsqu’il a fait ses premières brasses dans les gorges d’Amélie-les-bains On va suivre vos aventures avec passion prenez soins de vous bisous CLAUDE-CORINNE-PIERRE-JULES

  7. Ca c’est sournois! Une poésie sur le Tortin 😉

  8. Quel plaisir de vous lire ! Vous réinventez la famille entre les cours et la gestion du temps et des obligations alimentaires et sanitaires. Vos enfants vont apprendre tellement de choses nouvelles parmi tous ces voyages. La poésie semble tellement pauvre à coté d’un voyage aux Galapagos, visite du Machu picchu et nuit de terreur dans la voiture ! Cela donne envie de voyager.
    Grosses bises à vous .
    Guylaine Rémy-Zéphir

  9. My dad has been writing a book precisely on point with this blog, I have emailed him the web address so perhaps he could pick up a couple pointers. Fantastic Job.

    Thanxx

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